Florence Chardigny

What the wedding, un reportage d’artisan + un podcast, à écouter par ici

Paris, Le 10 Octobre 2018.
Florence

Florence est un peu l’incarnation de l’élégance à la française. Ce matin-là elle nous accueille en bas de son immeuble, le sourire aux lèvres, les cheveux tirés en arrière, dans une tenue que certains qualifient de simple, mais que nous appellerons stylée.
En bref, less is more.

La personne que Florence rêverait d’orner «Catherine Deneuve dans Peau d’Âne pour le côté onirique, un peu décalé aussi. Je lui ferai une couronne de fleurs dorées».

«Je pense que la tête, c’est l’identité de la personne»
Florence Chardigny
modiste

Florence crée des chapeaux et ornements de tête depuis près de 15 ans. À Paris. «Je suis née dans une famille assez portée sur les arts, j’ai un père qui était architecte et une mère qui était artiste-peintre et avait une galerie à Paris. J’ai fait des études d’Histoire de l’Art et d’Histoire et je pense que ça transparaît dans mon travail». Elle se dirige ensuite vers la chapellerie. Comme ça, sans vraiment savoir pourquoi. «Je pense que la tête, c’est l’identité de la personne».

Florence n’a pas de collection fixe. Elle n’adapte pas ses pièces déjà créées en fonction des personnes qui lui rendent visite. «J’aime autant la création manuelle que la relation avec la cliente. J’aime comprendre ce qu’elle aime, ce que l’événement représente, comment elle se projette dans cet événement, qu’est ce qu’il veut dire pour elle». Florence essaye de comprendre. De déchiffrer, décoder à travers les mots, les expressions, les sentiments d’une personne avant de créer; «j’essaye de donner une forme tangible à plein de choses dont elle va me parler. Je vais essayer de sentir en la faisant parler ce qui correspondrait le mieux à sa personnalité».

Florence a créé sa marque éponyme. Sans y penser, «je n’ai même pas réfléchis que cela puisse être autrement».

Elle aime tout travailler. Tout ce qui lui tombe sous la main à vrai dire. Une simple matière se transforme en ornement sous ses doigts de fée; «cela peut-être des choses achetées chez des grossistes de matières spécifiques de la chapellerie, mais ça peut aussi être des choses glanées dans des brocantes, en vacances, … Ce qui est assez génial avec ce métier-là c’est qu’il n’y a pas de limite dans les matières. C’est un concentré de créativité assez extraordinaire.» . Florence trouve ses matières au fil de ses déplacements, chez des fournisseurs ayant un savoir-faire spécifique ou non. Les fibres végétales utilisées pour les turbans sont des fibres de bananier. Puis, dans le coin de la pièce, une couronne, «ce sont des graminées que j’ai ramassés lors de mes vacances, j’avais du fil de fer avec moi, j’en ai fait une couronne». Et voilà !

Lors du premier contact avec ses clientes, Florence aime les faire parler, «je leur demande aussi de m’envoyer une photo de leur visage pour me familiariser avec leur visage et réfléchir un peu à quelque chose». Florence s’adapte à l’envie de ses clientes. Elle arrive à déchiffrer à travers les mots employés le désir profond de sa cliente. Ce qu’elle imagine déjà presque sans le savoir.

L’inspiration. Beaucoup de choses inspirent Florence; «l’inspiration n’est pas un processus conscient, c’est plus être réceptif à l’air du temps et puis une idée vient et les mains vont être heureuses ou pas, sentir les choses».

La devise de Florence, sans surprise, «less is more». «Je n’aime pas l’accessoire pour l’accessoire. Il faut que cela soit juste». Un accessoire doit signifier quelque chose pour celle qui le porte, «cela doit être plus qu’un objet».

La plus belle émotion professionnelle de Florence ? «Quand les clientes découvrent la pièce finie et me disent «c’est encore mieux que ce que j’avais imaginé ! » ».

Nous aimons parler de notre enfance aussi, Florence nous parle d’un souvenir

«Ma mère a été professeur d’arts plastiques puis a eu une galerie de sculptures à Paris. J’ai un souvenir très ancien… J’avais autour de 6 ans… Elle avait dans un grand carton à dessin des papiers de soie de couleur, elle avait ouvert le carton et elle passait les feuilles les unes après les autres. C’était dans des tons chauds, jaunes, orangés, rouges… Elle me montrait les couleurs, ça avait l’air hyper précieux.»

Merci Florence pour ce moment simple et pourtant si élégant.

Alison + Sarah
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