Géraldine Simonnet

What the wedding, un reportage d’artisan + un podcast, à écouter par ici

Paris, Le 12 septembre 2018.
Géraldine

Géraldine est passionnée. Et passionnante. Elle a toujours quelque chose à raconter et partage sans compter. Amarildine, sa marque, a 25 ans cette année. C’était, pour nous, l’occasion de revenir sur ce parcours rempli de belles histoires.

«Je n’ai jamais imaginé habiller telle ou telle star» voilà ce que Géraldine nous répond lorsqu’on lui demande pour qui elle aimerait créer une robe. «En fait, celle que j’aimerais habiller, c’est moi !». Le ton est donné pour cet interview haute en couleurs.

« On ne sait jamais vraiment qui on est, on est toujours en train de le découvrir. Mais bon… je suis quelqu’un de l’ombre quand même »
Géraldine Simonnet
Créatrice

«Je ne sais pas qui je suis. Tu sais toi qui tu es ?». Géraldine se cherche. Encore. «Et toute la vie on va chercher». L’un de ses profs de fac lui disait «Si tu sais ce que tu cherches c’est que tu t’es trompée de chemin». À méditer. Parce que le fait de chercher fait avancer. Toujours. «On ne sait jamais vraiment qui on est, on est toujours en train de le découvrir. Mais bon… je suis quelqu’un de l’ombre quand même». Amarildine ne porte pas le nom de Géraldine. Parce que c’est une histoire de collectif. Géraldine croit beaucoup en la force d’un ensemble. Celui qui peut amener à faire de grandes et belles choses. On vous en dit plus tout de suite.

Amarildine s’est créée «de fil en aiguilles» dit-elle en riant. Mais d’où vient ce nom. Retour en arrière. Il y a 25 ans. Pas de 4G, pas d’ordinateur portable, pas d’internet. «Amarildine veut dire Marie-Laure et Géraldine avec un A devant pour être en début de liste parce que quand on a démarré c’était l’époque du Minitel. On avait pas envie d’être perdues au milieu de tout le monde donc on s’est mises devant.» 

1993. L’année de création d’Amarildine «notre génération a recommencé à se marier, au début des années 90». Le mariage revient à cette époque. L’époque où le SIDA touche les hétéros. Alors le couple a repris de l’importance entraînant une vague de mariages. Le mariage était une fête. La fête de l’Amour. Brut de décoffrage. «Les centres de table on s’en moquait, c’était pas le propos. Nous on faisait des robes, point barre. Juste pour s’habiller. Des robes qui nous ressemblent. Des robes pour faire la fête». Amarildine est née. Des robes contemporaines toujours d’actualité aujourd’hui. 25 ans plus tard.

Amarildine propose du sur-mesure en plus de ses Histoires de Création. Accompagnée des conseils de Géraldine, toujours aussi bienveillante, la future mariée entre dans ce bel appartement haussmannien et découvre. «Quand elle arrive, je la laisse décrocher les premières robes». Car la future mariée sait, ou ne sait pas, mais la direction est donnée. Ses choix parlent pour elle. «Je l’habille et on voit comment elle réagit, comment son entourage réagit». Ensuite vient le choix. Celui d’une robe de la collection, ou celui de composer entre différentes robes. Puis vient ses réactions. À la fin du rendez-vous, les futures mariées repartent avec un croquis. Pour réfléchir. Se projeter. «Si elles oublient c’est qu’il faut qu’elles continuent leur petit chemin et qu’elles voient d’autres atmosphères». Le choix d’une robe est personnel. Prenez le temps de vous connaître, d’identifier vos envies. Les plus sincères. Les vôtres.

France, Italie, Espagne. Les tissus viennent de toute l’Europe. Mousseline, crêpe, dentelles, guipure. «Cela peut varier mais dans tous les cas, depuis 25 ans ce qui est important pour moi c’est la souplesse». Pour pouvoir bouger. Se sentir libre. Et danser. «Cela amène énormément de féérie».

Lorsque vous entrez chez Amarildine, deux portes sont en face de vous. La première, grande ouverte, est celle du showroom. La seconde, entrouverte, cache les petites mains. Celles d’Amarildine. «Je travaille avec des couturières depuis le début. La première année on a fait 120 robes, on a bossé comme des malades». La hasard de la vie et des rencontres. C’est ainsi que Géraldine choisit ses petites mains. «Ensuite si elles restent c’est qu’on a quelque chose à faire et à chercher ensemble». La toute première couturière est restée 15 ans. Jusqu’à sa retraite. Certaines d’entre elles sont encore à l’école. «J’ai envie de leur apprendre ce que les autres m’ont transmis. On ne va pas amener notre savoir dans la tombe. Il faut donner.» . Plus qu’un savoir professionnel, c’est un savoir humain qui est transmis «puis créatif aussi. Il faut savoir dire et retranscrire ce que l’on voit».  

Une étape : Rembo Styling. Un projet né 15 ans après la création d’Amarildine. «Nous à Paris, dans notre atelier, on ne peut pas fabriquer une robe sur-mesure à 1500-2000 €. On ne peut pas faire tenir une Maison comme ça. Donc il fallait un industriel.» . Le sur-mesure a un coût, tout comme le fait main. Un savoir-faire. Des heures de travail. Des matières de qualité, dénichées en Europe. Le travail des artisans a une valeur.

Aller à la rencontre de Rembo Styling fut difficile. «On les voyait comme des gens qui travaillent mal, qui font des trucs moches». Mais nous les avons rencontré. Deux ans après Géraldine intégrait l’équipe de stylistes de Rembo Styling. Travailler avec Rembo permet à Géraldine d’habiller plus de futures mariées, «on fait aussi des collections plus importantes, ça ouvre le champs créatif. Donc c’est stimulant».

Son inspiration. «L’air du temps». Il n’y a pas une inspiration d’époque ou de thème. Chic is so cool, la phrase qui illustre sa dernière Histoire de Création, L’Instant, «à l’adolescence mes copines me disaient sur mon style, toi tu t’habilles cool et chic». Son inspiration fait partie d’elle.

Sa devise, «c’est dingue ce qu’on peut faire à deux». La puissance que cela donne. Le fait d’être deux. «ce n’est pas 2 fois 2, c’est 2 au carré». Ça démultiplie la force. L’envie. «Si vous n’avez pas ce sentiment là avec quelqu’un, n’y allez pas».

«Des émotions professionnelles en 25 ans il y en a eu énormément». Qu’elles soient positives ou négatives, «des moments très forts en émotions il y en a plein, mais j’en ai retenu un». Elle raconte. Cela se passe dans l’usine de Rembo Styling. Une coupeuse l’interpelle. «Au nom de toutes les filles on veut vous dire merci pour ce que vous avez fait.» . Lorsque Géraldine arrive chez Rembo, la marque était en déclin. Elle leur promet alors que ça va aller, toujours optimiste + boute en train, «aujourd’hui on rentre toutes chez nous, tranquilles, on sait que demain on a du boulot».

Les 25 ans d’Amarildine. «C’est une génération de robes mais c’est comme si ça avait commencé hier». Le temps passe vite. «J’ai plus de robes derrière moi que devant. Je ne vais pas faire des robes jusqu’à 75 ans, il faut être honnête». Mais Géraldine n’est pas triste de savoir que ce sont ses dernières robes. Cela lui donne une énergie supplémentaire, «on va mettre le paquet puisque ce sont les dernières. Il faut y aller, il faut vivre la vie !».

Nous aimons parler de notre enfance aussi, Géraldine nous parle d’un rêve. Un rêve qu’elle a fait en terminale. «Je rêve d’une petite église avec des mariages à la chaîne. C’est à dire que l’on a des rangées de couples et ça défile, ils se marient, se marient, se marient… C’est bizarre. Ça peut avoir un côté austère, un peu rigide mais pourquoi pas ?! La tradition peut avoir un côté un peu rigide aussi. Il y a des filles qui sortaient du rang pour aller se confesser, je trouvais ça ridicule. J’interprète ça comme mon côté revendicatif par rapport à un poids trop fort de la tradition. Puis l’image suivante, une grande bande de jeunes qui courent, plein de joie et de vie. Cette image n’était pas en opposition avec la première mais en complémentarité. Raconté par une ado ça pouvait être vu comme une opposition. Par contre qu’est ce que j’en ai fait des mariages… C’est quand même curieux. Toujours avec cette idée que le mariage est une fête, que l’on est entre la tradition et la fête et qu’il faut sans cesse réinventer cet entre deux et trouver celui qui va être nous-mêmes.»

Merci Géraldine pour ce moment de partage et de bienveillance.

Alison + Sarah
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